Lors du conseil d'établissement du 25 novembre, le budget et les tarifs de l'an prochain n'ont pas pu être votés. La raison ? l'attente de la tenue du Conseil d'Administration de l'AEFE le 27 novembre et de décisions
dans un contexte de réduction budgétaire très importante.
On vous en dit plus sur les difficultés auxquelles doit faire face l'AEFE :
Depuis plusieurs années, l'Etat français se désengage progressivement de l'AEFE :
Déficit structurel des pensions civiles : Depuis 2009, l'État a transféré à l'AEFE la charge de la part patronale des pensions civiles des personnels détachés. La compensation initiale de 120 M€ n'a jamais été revalorisée, alors que le coût réel atteint aujourd'hui près de 180 M€. Cela crée un déficit structurel de 60 M€ par an, le « cœur du problème au sein du réseau ».
Coupures budgétaires incessantes : Les crédits publics ont chuté de 8,2 % depuis 2012. Le Projet de loi de finances pour 2026 prévoit une nouvelle baisse significative (estimée à 25 M€).
Résultat financier : La trésorerie de l'AEFE révèle un déficit budgétaire inquiétant, s'élevant à 38,8 M€ fin 2024.
Ce désengagement a eu les conséquences suivantes :
Explosion des frais de scolarité : La part des crédits de l'État dans le budget de l'AEFE a diminué de 7 % tandis que la participation des familles a bondi de 34 %. Les établissements sont contraints d'augmenter leurs tarifs, pénalisant les classes moyennes.
Effondrement des bourses scolaires : Le nombre d'élèves boursiers français a chuté de près de 9 200 en quatre ans (passant de 29 713 en 2020 à 20 575 en 2024), témoignant du durcissement des critères et du coût de la scolarité.
Suppression de postes : 500 postes d'enseignants ont été supprimés depuis 2017, avec de nouvelles suppressions prévues, affectant directement la qualité pédagogique.
Dégradation générale : Les projets immobiliers urgents sont gelés et les infrastructures se dégradent faute de financement, entraînant un recul de la qualité du service public
L'Etat français a, par ailleurs, décidé de mener une politique de développement de la francophonie à l'étranger qui a engendré un système inéquitable au sein du réseau :
Lancé avec l'ambition de doubler les effectifs (atteindre 700 000 élèves), le plan Cap 2030 n'a accueilli que 50 000 élèves supplémentaires en sept ans, un bilan jugé « accablant ».
La stratégie a pénalisé les établissements en gestion directe et conventionnés (qui incarnent la mission de service public), qui ont subi 80 % des suppressions de postes et des hausses de frais.
L'État maintient une inégalité de traitement en prenant en charge l'intégralité des pensions civiles pour les personnels détachés dans les établissements partenaires, alors qu'il ne compense que partiellement celles du réseau historique (le pilier du service public). Les partenaires contribuent par ailleurs bien moins financièrement à l'AEFE.
Voici les déclarations récentes de la FAPEE :
La lettre de la Fapee au président de la République du 29/10/25
La déclaration liminaire de la Fapee au CA AEFE du 27/11/25
La déclaration de la Fapee sur les EGD
La sénatrice Mathilde Olivier a elle-même fait part de ses inquiétudes concernant l'AEFE dans cette article.
Au sein du LFV, les enseignants se mobilisent.
Lors du Conseil d'Etablissement, les syndicats d'enseignants SE Unsa et FSU ont lu des déclarations liminaires pour partager leurs inquiétudes. Vous les trouverez ci-dessous :
Certains enseignants ont également fait grève mardi 2 décembre pour se mobiliser contre un contexte politique de la France
Conseil d'établissement du 25 novembre 2025 :